Chez le glossopoète

Spikolsös Volapüko!
Quelques pages sur le volapük…

Volapük Vifik: Lärnod Kilid
« Jamais deux sans trois ! »

Le pluriel

Marque du pluriel

C’est ce qu’on dit ! Mais il y a une chose de certain, cependant : quand il est question de deux, de trois ou de plus, c’est qu’il est question de pluriel, parce qu’il y en a plus d’un.

En volapük, le pluriel se forme sans exception par l’ajout d’un simple -s.

Vous rappelez-vous la mini-saga titrée « Mem zifa jönik » ?

Si nous avions voulu dire « villes » au lieu de « ville », voilà à quoi ça aurait ressemblé :

MEM ZIFAS JÖNIK
Zifs binons jöniks.
Löfob zifis jönik.
Sagob zifes jönik:
O zifs jönik!

Accord de l'adjectif

Corollairement au fait d’avoir mis zif au pluriel, nous notons que parfois, l’adjectif jönik prend un -s comme à la deuxième ligne, mais pas dans les quatre autres.

La règle est simple : lorsque l’adjectif est séparé du nom qu’il décrit par tout autre mot, il doit prendre lui aussi toute terminaison que le nom a. C’est le cas dans la deuxième ligne ; et si, dans la troisième, nous ajoutons le mot vemo, il faut alors écrire lofob zifis vemo jönikis. Cette règle a pour effet d’assurer une clarté absolue sur quoi se rapporte à quoi. Ambiguïté et volapük ne font pas bon ménage !

La seule autre chose à noter encore est que lorsque l’adjectif précède le nom, la même règle s’applique. Par exemple, si à la dernière ligne jönik était venu avant zifs, nous aurions eu O jöniks zifs! Et la même chose se passerait avec le titre : Mem jönikas zifas. Même si ce n’est pas toujours plaisant à nos oreilles, les adjectifs tendent à venir immédiatement après leurs noms. Mais tout dépend de l’effet que l’on veut produire.

Que diriez-vous d’y aller un peu vous-même ? Essayez d’écrire votre propre mini-saga titrée : Mem vomas jönik. Bonne chance !

Pluriel des pronoms personnels

Pour compléter nos pensées au sujet du pluriel volapük, voici la façon dont les pronoms personnels le subissent :

ob, obi, obik/oba, obe : je, moi, mon, à moi ;
obs, obis, obsik/obas, obes : nous, nous, notre, à nous ;
om, omi, omik/oma, ome : il, lui, son, à lui ;
oms, omis, omsik/omas, ome : ils, ses, siens, à eux ;
of, ofi, ofik/ofa, ofe : elle, elle, son, à elle ;
ofs, ofis, ofsik/ofas, ofe : elles, elles, ses, à elles.

Notez les deux manières de dire mon, notre, sien, siens, sienne, siennes. Encore une preuve de la flexibilité du volapük sans perte de précision !

Le prétérit

Nous avons déjà rencontré le présent en volapük et pratiqué déjà pas mal ; nous allons donc maintenant faire connaissance avec le prétérit, qui lie le passé avec le présent.

Dans le texte final, vous aurez la phrase edeadom bü yels fol, il est mort il y a quatre ans. Comme vous allez le voir tout de suite, un e- a été ajouté au début du verbe ; cette caractéristique est ce qui a changé le temps, du « ici et maintenant » pur (= le présent) à ce qui est perçu comme le passé immédiat. En volapük, l’action décrite par le verbe doit toujours avoir été terminée (ou jugée avoir été terminée par celui qui le dit) à un moment toujours connecté par un événement actuel, même terminé, au temps présent. Parfois, quelques libertés peuvent êtres prises par rapport à cette règle, mais c’est ce qui différencie le prétérit de l’imparfait, ou le temps passé qui décrit une action terminée, et que nous allons très bientôt rencontrer. Mais dirigeons-nous maintenant vers la pratique mettons en action notre tout nouveau savoir.

Vocabulaire

Voici quelques mots à pratiquer en les prononçant à haute voix :

ab ‘mais’
anu ‘tout de suite’
binädön (me) ‘consister (à)’
blinön ‘apporter’
‘il y a (temps), avant’
cedön ‘penser (= avoir une opinion)’
das ‘que (conjonction)’
de ‘de’
deadön ‘mourir’
enu ‘récemment’
gem (hi/ji) ‘frère ou sœur’
kanön ‘pouvoir (verbe)’
köst (hi/ji) ‘cousin’
lädül ‘jeune femme, demoiselle’
län ‘pays’
lefatül ‘grand-père’
legivot ‘cadeau’
legudik ‘excellent’
lemotül ‘grand-mère’
matan (hi/ji) ‘mari/femme’
motafat ‘grand-père maternel’
mödadilo ‘principalement’
nilo ‘proche’
nitedik ‘intéressant’
nulik ‘nouveau’
numön ‘compter’
obsik ‘notre’
od ‘l’un l’autre’
pal (hi/ji) ‘parent’
pened ‘lettre’
röletan (hi/ji) ‘une relation’
sedön ‘envoyer’
sevabo ‘c’est-à-dire’
ter (hi/ji) ‘oncle/tante’
veratik ‘vrai, réel’
vero ‘vraiment, réellement’
vol ‘le monde’
votik ‘autre’
yel ‘année’
zuo ‘de plus’

Exercices

1. Lisez à haute voix puis traduisez l’histoire suivante en français :

Els Robert e Lisabet binons pals obik. Els Peter e Janin binons gems obik. Panemob Samü e binob blod de Peter e de Janin, binobs famülans.

Famülans obsik binädons me fat bal e mot bal (sevabo pals tel), sör bal e blods tel (sevabo: gems kil). Binobs kobo famülans lul.

Röletans obsik binädons me lefatül bal; (motafat edeadom bü yels fol); e lemotüls tel, kels blinofs obes legivotis mödik! Röletans votik binons: hiters kil e jiters tel, hikösts fol e jikösts lul. Binons kobo röletans degvel.

Suvo röletans binons i flens gudik, ab cedob, das flens veratik binons flens legudik!

Flens palas obsik lödons in läns mödik vola. Mödadilo binädons me matans; sedons odes penedis nitedik. Flens mödik obsik vero no kanons panumön.

2. Comme nous l’avons vu plus tôt, -an ajouté à un mot indique quelqu’un qui est quelque chose, ou qui fait quelque chose. Comment traduiriez-vous :

3. L’idée de taille, qu’elle soit physique, abstraite, ou même « grand » comme dans « grand-père » est rendu en volapük par le préfixe le-. Dans le texte final, vous verre une racine (fat/mot) entourée du préfixe le- et du suffixe -ül (lefatül/lemotül). Comment traduiriez-vous :

4. Vous devriez être familier avec les chiffres de un à dix en volapük. Voici comment ils continuent jusqu’à vingt ; pourrez-vous compléter les six chiffres manquants ?

5. Un des plus beaux verbes doit être löfön (aimer). Pouvez-vous l’écrire au présent ? Après, soyez un peu plus courageux et faites un tour au prétérit. Rappelez-vous comment ça commence :

6. Vous rappelez-vous la voix passive (palöfön, « être aimé ») dans la deuxième partie du cours ? Regardez-la rapidement. Celui qui correspond à notre temps est juste tout aussi simple. À la place d’ajouter pa-, comme pour le présent, à la lettre p est ajouté le e du prétérit, et le toute devient pe-. Pouvez-vous à présent compléter :


Dan: Glidis! Binob fat hiela Robert, kel binom fat elas Samül, Peter e Janin: sekü atos, jimatan ed ob binobs lepals omas. Nem obik binon Dan e jimatan oba binof Marian: Löfobs poscilis valik obas, e visitobs onis suvo. Blinobs posciles obas legivotis mödik! Lödobs nilo.

Roxan: Glidis! Binob mot jiela Lisabet, kel binof mot elas Samül, Peter e Janin: sekü atos, binob lemotül onas. Panemob Roxan - bü yels 4, matan obik Albert edeadom; kodü atos, binob ya viudan! Löfilob vemo ad blinön posciles oba legivotis gudik. Lödob in zifil nilik.

Max: Glidis! Nem obik binon Max e binob son elas Mijelin e Mikäl: mot obik binof sör ela Robert: sekü atos, binob hiköst elas Samül, Peter e Janin. No visitob onis suvo, bi lödobs in Spanyän. Jiel Janin evisitof obis us.

Mijelin: Glidis! Binob Mijelin: blod obik binom Robert e matan oba, el Mikäl, binom spanyänik. Lödobs in top jönik in Spanyän sulüdik nilü mel. Binob zian elas Samül, Peter e Janin, ed el Mikäl binom ziom onas. Sekü atos, binobs i hiter e jiter onas. Enu jiel Janin evakenof domü obs.

Röletans elas Samül, Peter e Janin binödons me lefatül bal; (motafat ya edeadom bü yels fol; e lemotüls tel, kels blinons ones legivotis mödik!

Röletans votik binons: hiters (zioms) kil e jiters (zians) tel, hikösts fol e jikösts lul. Binons kobo röletans degvel.

Cedü ob, röletans kanons suvo binön i flens gudik!


Vous connaissez la suite maintenant : soit vous vous rendez à la leçon suivante, soit vous révisez la précédente !